Miami 5,000 Km2 et 3
Millions d'habitants
VOTRE BUSINESS SUR
LA PLATEFORME INTERNATIONALE DE MIAMI
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Cet article a été rédigé le le 07 février 1998
par Gilles Pouzin
http://www.pouzin.com

MIAMI LE NOUVEL ELDORADO (suite)
: Comme la plupart des banques, c'est pour les
millionnaires d'Amérique latine que la BNP est
venue à Miami. Brickell Avenue bénéficie en
effet d'un statut de quasi-paradis fiscal où les
banques étrangères peuvent pratiquement offrir
les mêmes avantages que les banques off-shore
des Caïmans à condition de ne pas avoir de
clients américains. «90% de notre clientèle est
latino-américaine et 10% européenne ou asiatique,
confirme Denis Madaule. L'offre BNP Suisse est
la plus prisée sur l'Amérique latine.» Selon une
étude citée par les banquiers locaux, les
fortunes d'Amérique latine gérées à l'étranger
atteignaient 330 milliards de dollars en 1995,
dont 50% abrités en Suisse et 32% aux Etats-Unis
Quand les hommes d'affaires passent, le commerce
suit - Si l'argent vient à Miami c'est qu'il est
facile de s'y rendre. Avec 34,5 millions de
passagers transportés en 1997, Miami est devenu
le second aéroport international des Etats-Unis.
Ses 150 lignes aériennes desservent 185
destinations dans le monde et offrent en moyenne
1 460 vols quotidiens, soit environ un par
minute.
Cette ville est la seule au monde à relier
quotidiennement les principales métroples
d'Amérique latine. «Quand nous étions à Mexico
il n'y avait pas de vols directs réguliers vers
l'Argentine ou le Brésil et l'on était obligé de
passer par Miami pour aller en Colombie, au
Venezuela ou en Amérique centrale», explique
Patrick Cerceau, directeur général d'AXA Ré
Latin America, qui a déménagé son siège à Miami
au début de 1997. Cette commodité des transports
attire aussi les visiteurs. «Quand j'étais à
Caracas j'ai du recevoir cinq clients étrangers
en dix-huit mois, depuis que nous sommes basés à
Miami j'en reçois trois par semaine», résume
Clément Jourdain, directeur de la succursale de
réassurance des Mutuelles du Mans pour
l'Amérique latine, qui a installé son siège dans
le quartier historique de Coral Gables en mars
1996. Quand les hommes d'affaires passent, le
commerce suit. Miami revendique le rang de
premier aéroport de fret des Etats-Unis, et
troisième du monde, avec 1,8 million de tonnes
de marchandises transportées par an.
Miami Free Zone : La ville offre également des
zones franches qui permettent de réexporter des
marchandises, ou de les vendre en duty-free aux
étrangers, sans passer par les douanes
américaines. La première, Miami Free Zone,
occupe plus de vingt hectares d'entrepôts à
l'ouest de l'aéroport tandis qu'une nouvelle
zone franche vient d'être aménagée sur plus de 5
hectares à deux kilomètres du port. Sanofi
Beauté, troisième groupe mondial de parfums et
cosmétiques, a implanté en mars 1995 son centre
de distribution pour toutes les ventes duty-free
des Etats-Unis et des Caraïbes à Miami. Parmi
les marques de luxe françaises ayant une filiale
de distribution à Miami figurent également Les
Must de Cartier ou Bell & Ross, un petit
fabricant de montres qui réalise 65% de ses
ventes aux Etats-Unis et dont Chanel vient
d'acheter 30% du capital.
La fièvre des duty-free doit beaucoup au
tourisme de croisière, dont Miami détient le
record mondial. Avec 3,2 millions de passagers
embarquant chaque année sur un paquebot de rêve,
le Miami Seaport revendique 40% du marché sur la
planète bleue. Une aubaine inespérée pour la
construction navale.
«L'industrie des croisières progresse d'environ
8% par an depuis quinze ans, se réjouit Jacques
Renaud. Cette activité génère près de 5
milliards de dollars par an pour le comté de
Miami.» Coup sur coup, la filiale de GEC Alsthom
a reçu fin janvier six commandes fermes et deux
options pour la construction de bateaux dont la
valeur est estimée entre 300 et 350 millions de
dollars chacun. «De quoi assurer des millions
d'heures de travail jusqu'en 2001 pour les 4300
ouvriers des chantiers de Saint Nazaire et pour
les dizaines de milliers d'employés de nos 1100
sous-traitants», estime Jacques Renaud, dont la
mission à Miami est surtout d'assurer le service
après-vente auprès des armateurs.
L'explosion démographique est une aubaine
Si l'argent coule à flot dans les coffres de
Miami c'est que les latino-américains s'y
sentent chez eux. D'abord parce que Miami est
une ville d'Amérique latine. «Ce n'est pas un
snobisme, c'est la réalité, au bureau on ne
parle qu'espagnol», avoue Clément Jourdain. Plus
de 50% des 2,2 millions d'habitants du comté de
Miami sont d'origine hispanique, dont près de
600 000 Cubains. Du coup, les latino-américains
ont tous des attaches ici, qui des parents, qui
un pied-à-terre, un fils étudiant ou un compte
en banque. «Dans certains pays il peut être
dangereux d'afficher sa richesse, alors ils
viennent ici montrer leur Rolex ou leur
Porsche», résume un banquier. Du coup les
Mercedes, Jaguar et BMW sont trop courantes pour
se faire remarquer sur Ocean Drive, la promenade
des Anglais de South Beach. Rolls et Ferarri
sont à peine plus rares.


